Le Musée d’art de Pully met à l’honneur l’art figuratif décliné au féminin
modifié le 26 septembre 2025 à 16:20
à la RTS
Par Julie Evard
L’exposition “Come back! L’art figuratif en Suisse: une scène au féminin” réunit jusqu’au 14 décembre au Musée d’art de Pully (VD) une trentaine d’artistes autour d’un pan longtemps négligé de la peinture.

Pendant des décennies, l’art non figuratif géométrique, abstrait, domine en Suisse. On y exprime l’universel au travers de triangles, de lignes, de cercles, d’aplats de couleurs. Beaucoup d’hommes surplombent la scène artistique avec cette tendance. Il faut attendre au moins deux générations d’artistes femmes pour commencer à voir de jeunes artistes qui empoignent la figuration sans que cela ne soit une double peine: être femme, artiste et, en plus, peintre figurative.
L’art concret, le constructivisme, l’abstraction géométrique et le minimaliste privilégiaient la sobriété visuelle et la précision formelle. La figuration, en rupture avec les tendances esthétiques dominantes du XXe siècle, montre une volonté de “réhumaniser” l’art.
Des histoires intimes
Figures, relations interpersonnelles, crise identitaire ou encore histoires d’amour et du quotidien s’affichent ainsi sur les murs du Musée d’art de Pully. On peut y voir par exemple les oeuvres d’Irma Ineichen, 95 ans, doyenne de l’exposition. Femme au foyer, elle peint des intérieurs très traditionnels. Mais au début des années 1970, sa peinture montre des femmes enfermées au centre de la ville, dans des bulles, ligotées.
Ce travail, qu’elle n’avait jamais montré, est exposé dans le cadre de l’exposition “Come back! L’art figuratif en Suisse: une scène au féminin”. “Je pense qu’il y a une prise de conscience d’une certaine liberté qu’elle ne vivait pas et qui crie à travers ses peintures”, indique dans l’émission Vertigo du 18 septembre Victoria Mühlig, commissaire de l’exposition.
Pendant des décennies, l’art non figuratif géométrique, abstrait, domine en Suisse. On y exprime l’universel au travers de triangles, de lignes, de cercles, d’aplats de couleurs. Beaucoup d’hommes surplombent la scène artistique avec cette tendance. Il faut attendre au moins deux générations d’artistes femmes pour commencer à voir de jeunes artistes qui empoignent la figuration sans que cela ne soit une double peine: être femme, artiste et, en plus, peintre figurative.
L’art concret, le constructivisme, l’abstraction géométrique et le minimaliste privilégiaient la sobriété visuelle et la précision formelle. La figuration, en rupture avec les tendances esthétiques dominantes du XXe siècle, montre une volonté de “réhumaniser” l’art.
Des histoires intimes
Figures, relations interpersonnelles, crise identitaire ou encore histoires d’amour et du quotidien s’affichent ainsi sur les murs du Musée d’art de Pully. On peut y voir par exemple les oeuvres d’Irma Ineichen, 95 ans, doyenne de l’exposition. Femme au foyer, elle peint des intérieurs très traditionnels. Mais au début des années 1970, sa peinture montre des femmes enfermées au centre de la ville, dans des bulles, ligotées.
Ce travail, qu’elle n’avait jamais montré, est exposé dans le cadre de l’exposition “Come back! L’art figuratif en Suisse: une scène au féminin”. “Je pense qu’il y a une prise de conscience d’une certaine liberté qu’elle ne vivait pas et qui crie à travers ses peintures”, indique dans l’émission Vertigo du 18 septembre Victoria Mühlig, commissaire de l’exposition.
Le téléphone comme instrument
Chez les plus jeunes, le côté “bavard” et personnel des oeuvres se lit aussi à travers le prisme du smartphone, qui devient un outil pictural à part entière. S’il est directement peint sur certains tableaux, il vient offrir de nouveaux angles et des regards inédits sur d’autres.
Un tableau de la cadette de l’exposition, Leanne Picthall, propose un autoportrait tiré d’une photographie prise avec téléphone, où l’artiste se présente en train de pleurer sous un angle déformé. S’y dégage une certaine détresse, la santé mentale faisant aussi partie des thèmes explorés.
Une trentaine de femmes et trois hommes exposés
Des thèmes uniquement abordés par des femmes? “C’est une exposition sur la figuration avant tout, rappellait à Keystone/ATS Victoria Mühlig lors de l’ouverture de l’exposition. Et il s’avère que beaucoup plus de femmes ont fait de la figuration.” Parmi la trentaine d’artistes choisis, la plupart sont donc des femmes. Font exception trois artistes masculins.
Il ne s’agit pas d’être “exhaustif”, mais de montrer les “nouveaux intérêts de la peinture figurative”, soulignait à la même occasion le directeur du Musée Niklaus Manuel Güdel. Sélectionnés en grande partie parmi les alumni des hautes écoles d’art en Suisse, les artistes sont issus de différentes générations.
Artiste franco-suisse multi-récompensée, la trentenaire Romane de Watteville propose deux oeuvres dans le cadre de l’exposition pulliérane. Son ADN? La peinture figurative aux teintes douces et pastels. Ses motifs de prédilection sont les vêtements, les ongles, les peaux, les images et les réflexions entre ces différentes superpositions.
Sujet radio: Florence Grivel
Sujet TV: Julie Evard
Adaptation web: mh avec ats
“Come-back ! L’art figuratif en Suisse: une scène au féminin”, Musée d’art de Pully, jusqu’au 14 décembre 2025.
